Pamela Anderson et Laurence Abeille dénoncent le foie gras

pamela

Très peu disponible pour le blog ces temps-ci, je tenais tout de même à saluer l’initiative de la députée française Laurence Abeille, écologiste prompte à défendre la cause animale, et l’actrice canadienne militante animaliste de longue date Pamela Anderson. Les deux femmes ont dénoncé la torture inhérente à la production de foie gras à l’Assemblée Nationale.

Voici le discours prononcé par Pamela Anderson dans son intégralité sur Végémag.

C’était malheureusement sans compter les habituelles attitudes rétrogrades et intéressées :

  • Le foie gras, c’est notre tradition !
  • N’en rajoutez pas aux éleveurs qui doivent déjà gérer les conséquences de nouvelles épidémies de grippe aviaire !
  • Pamela Anderson a été/est un sex symbol siliconé, sa parole ne peut donc pas être prise au sérieux, elle ferait mieux de se taire !

En vrai, le sexisme puant du dernier point s’exprime dans un langage bien mois élégant. Voici un exemple de commentaires qu’on peut facilement trouver se rapportant aux articles traitant cette information :

Sans titre

Affligeant n’est-ce pas ?

Le pire c’est que les réactions sont les mêmes de la part de la plupart des journalistes et des députés français !

Imaginez-vous ! On a un combo avec une femme à qui on peut facilement faire subir du slut shaming, qui défend une cause jugée ridicule : le droit des animaux à ne pas souffrir et à ne pas être tués.

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12 commentaires

  1. C’était cousu de fil blanc que Pamela susciterait ces réactions, vu que nombre de mâles français sont en effet rétrogrades et frustrés, et donc ne sont pas en mesure d’avoir du répondant. C’est très bien que que L. Abeille et elle (et tou-te-s les autres) font. Et toi aussi ! Merci.
    K&M

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  2. La production de foie gras est évidemment une horreur et doit être abandonnée. On ne régule pas une pratique injuste et cruelle, on l’abolit. Mais son message est confusant car il renvoie l’idée qu’il est moins moral de manger du foie gras que tout autre produit d’origine animale. Les gens vont simplement se tourner vers un autre produit dont ils penseront à tort mais par déduction que les pratiques sont plus « humaines » et donc plus acceptables. Au final, cela ne fait que conforter les gens à continuer à manger des produits d’origine animale. C’est contre-productif dans la lutte contre l’exploitation animale dans son ensemble. Quand aux réactions violentes et sexistes contre Pamela Anderson sur le net ou dans l’assemblée, elles sont affligeantes et ne devraient pas être banalisées.

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    • Pour avoir pas mal réfléchi à la question, j’en suis venu à la conclusion que Non, ce n’est pas contre-productif. Tout porte à croire que ça ne l’est pas en tout cas. Bien sûr que pas mal de personnes peuvent, surtout dans un premier temps, se reporter sur un autre produit animal, mais elles auront laissé entrer un peu d’empathie en elles pour les animaux. Elles se verront comme des personnes qui ne sont pas insensibles au sort des animaux. Et un pas après l’autre, ce qui devient le plus cohérent c’est de consommer de moins en moins de produits animaux (et L214 tape très fort en montrant régulièrement maintenant des images des différentes filières)…
      On peut parler d’un cas en particulier sans s’interdire de poser le débat sur la souffrance animale en général.
      Et soyons réaliste, ce n’est pas en venant tout à coup demander aux gens de tout arrêter qu’ils vont le faire.
      Mais on se rejoint sur le fait qu’il ne faut pas s’arrêter à une position welfariste bien sûr !

      Pour ce qui est du sexisme, j’imagine que P. Anderson doit subir ça depuis longtemps mais vraiment je n’aimerais pas être à sa place. On (la France) a des représentants vraiment minables !

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      • J’ai vu que tu te définissais notamment comme antispéciste et féministe. Tu soutiens donc que la discrimination par l’espèce est moralement aussi injuste que la discrimination par la race, le sexe ou tout autre caractéristique non pertinente.

        Validerais-tu ce type d’approche -« entrer un peu d’empathie en elles », « un pas après l’autre », « trouver de la cohérence dans le fait de consommer de moins en moins de produits animaux »- pour lutter contre le sexisme ou tout autre forme de discrimination ?

        J’en doute mais quand il s’agit des animaux cela devient acceptable. Pourquoi ?
        Opter pour une différence de traitement lorsqu’il s’agit d’animaux non-humains est du spécisme selon moi.

        J’espère sincèrement que tu ne vois aucune animosité dans mes propos, car il n’y en a aucune.

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        • En fait, ce que je regarde c’est simplement le résultat. Donc oui, malgré mes envies de rentre-dedans et de jusqu’au-boutisme, je vois bien personnellement que sans réel dialogue on n’arrive à rien. Donc pour le féminisme aussi, s’il faut parler d’un seul sujet à la fois et expliquer sans agresser la personne en face, faisons-le. (D’ailleurs c’est comme ça que j’ai bien fait évoluer mon conjoint sur le féminisme)

          Comme le dit Tobias Leenaert, la question importante c’est pas « est-ce que j’ai raison ? » ni « est-ce que c’est la vérité ? » mais « est-ce que ça marche ? ».
          -une de ses confférences : https://www.youtube.com/watch?v=UDGFRUe84p8

          En tout cas, si on veut réellement militer et avoir un impact concret (sur la vie des animaux dans notre cas). Il faut éviter de rompre la communication et avoir conscience que la personne en face n’est pas forcément comme nous. Peut-être as-tu tout changé dans ta vie du jour au lendemain et après une seule lecture ou une seule vidéo, mais c’est rarissime donc il faut le prendre en compte.

          (Pas d’animosité dans mes propos non plus 🙂 Je sais que parfois le ton est mal interprété par écrit).

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          • Salut,

            Je ne sais pas sur quoi tu te bases pour dire que c’est productif. Mais si on part du principe qu’il se passe vraiment quelque chose en France aujourd’hui, doit-on y voir le développement d’un mouvement végane fondateur ou plutôt quelque chose du style flexitarisme, reducetarianisme, etc.

            Je dirais sans hésitation le dernier. D’ailleurs comment cela pourrait être autrement puisqu’aucune organisation ne fait la promotion du véganisme prétextant que c’est trop extrême.

            Pour ces personnes non-véganes qui sont attirées par le reducetarianisme ou qui s’opposent à la production de foie gras, le problème n’est pas l’utilisation des animaux mais le traitement des animaux. Dès lors que les pratiques seront redevenues, selon elles, « humaines » ou acceptables, La très grande majorité d’entre elles recommencera à manger du foie gras aussi vite qu’ils l’ont arrêté. Et ceci pour la simple raison que pour ces personnes, ce n’est pas immoral de consommer des produits d’origine animale du moment que les animaux sont traités « humainement ». Et a aucun moment on leurs aura expliqué le contraire.

            Laurence Abeille ne dit pas autre chose avec sa proposition de loi qui demande à interdire le gavage et NON PAS la production de foie gras. Elle ne s’oppose pas à l’exploitation animale.

            Mais qu’est ce que cela change pour les animaux au final ? Ils auront de « meilleures » conditions de vie-juste ce qu’il faut pour que la production reste rentable économiquement- mais ils seront toujours abattus sans nécessité et de manière cruelle. Par contre, les consommateurs eux seront rassurés dans leur choix de continuer à manger des produits d’animaux élevés « humainement ».

            C’est qui qui gagne à la fin ? Les animaux ou les producteurs ?

            Comment peut-on espérer un changement de paradigme dans ces conditions ?

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  3. – 1. Déjà, elle dénigre un produit qui fait parti du “patrimoine“
    – 2. Elle est sexy et plutôt réputée pour ça

    Je ne suis pas du tout surprise des réactions de tous ces ignorants 😦 Tout le monde sait que la place des animaux est dans l’assiette, ils s’en lavent les mains vu que le produit fini arrive dans leur bouche, donc “ha mais je n’ai rien tué/fait souffrir, moi“, et la place des femmes, encore plus sexy est en photo ou au cinéma, mais comment osent-elles penser et avoir de la compassion !

    Bref, l’envie de vomir et de leur faire subir le même sort que les oies, c’est ce que suscitent chez moi ce genre de réactions. Le pire c’est quand d’autres femmes s’y mettent…

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  4. @That abolitionist vegan
    Je pensais avoir répondu à tout ça avec mon message précédent.

    Concrètement en France on a L214 qui a un réel impact (pas pour dénigrer les autres asso mais elles ont vraiment moins de résultat, pourtant L214 est une asso jeune !) qui est très calé je trouve niveau stratégie. Je te conseille de lire par ex Change of Heart de Nick Cooney, qui explique beaucoup de choses pour rendre son militantisme efficace grâce à l’analyse d’études sociologiques – par contre c’est en anglais – et tu verras qu’ils sont loin de faire n’importe quoi. Tu peux aussi trouver ses conférences sur le Net.
    Ils utilisent tout ce qui peut marcher pour avoir un impact réellement positif (donc pas des trucs sexistes ou racistes par ex). Y a eu l’écologie lors de la COP21, y a les Vegan Places pour montrer que refuser la cruauté ca empêcher pas de vivre bien, y a donc aussi les campagnes qu’on peut juger welfariste de prime abord. Mais garde à l’esprit que non seulement les véganes ont pour la plupart commencé à se poser des questions sur le « bien-être » seulement ou sur un problème (cuir, corrida, etc.) seulement, ce qui prouve qu’il n’y a pas de raison que l’empathie reste bloquée à ce stade (même si bien sûr certaines personnes ne seront jamais vg/ne resteront pas vg parce leur motivation n’est pas assez forte). Deuxièmement L214 place toujours dans ses interventions médiatiques que le véganisme est la seule position éthique. Donc je vois pas où est le problème.
    Penser de façon binaire c’est louper le fait que les humains ont un cerveau complexe.

    Tu me poses la question : y a-t-il un gros mouvement végane qui est né ou y a-t-il plus de flexitariens tout à coup. Je n’ai pas les statistiques. Je pense que le véganisme et l’antispécisme prennent de l’ampleur, qu’on est de plus en plus nombreux-ses même si on est minoritaires, que les gens connaissent maintenant ce mot, que les offres commencent à apparaître, qu’on est moins raillé.e.s. C’est déjà super. Je crois aussi qu’il y a effectivement de plus en plus de gens qui réduisent leur conso de produits animaux. Et ça c’est super aussi. Même s’ils n’ont pas une étiquette, ce qui compte c’est que des vies animales soient épargnées.
    Dans l’idéal je voudrais aussi que tout le monde soit végane et je pense qu’on le sera un jour de gré ou de force mais là tout de suite chaque repas carné en moins c’est positif. (Exemple au USA http://latestvegannews.com/400-million-fewer-animals-were-killed-for-food-last-year-because-people-are-eating-less-meat/ 400 millions d’animaux épargnés l’an passé grâce à ça)
    Et encore une fois ces personnes sont plus enclines à transitionner que les carnistes purs et durs je suppose.

    Les producteurs sont de plus en plus dans la mouise : les filières sont pas rentables malgré les subventions, les gens veulent pas payer plus, les gens consomment (en Occident) de moins en moins de viande. Je vois pas ce qu’ils gagnent dernièrement. Et ils craignent carrément L214 pour le coup.

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  5. Je suis obligé de te répondre pour clore le débat que tu ne souhaites plus visiblement.

    De l’élève que je suis au professeur que tu es, j’aimerai que tu acceptes néanmoins l’idée que quelqu’un puisse penser autrement que toi sans pour autant lui prêter un mode de pensée binaire. Pour quelqu’un qui se disait ouverte à la discussion, je trouve que tu t’es vite refermée. C’est surement une vertu du militantisme efficace que tu te prêtes. Mais merci pour la leçon de militantisme néo-welfariste, j’ai pris des notes 😉.

    Relis mes posts et tu verras que je n’ai jamais attaqué L214 et les Vegan places vont dans le sens de l’approche que je défend. Par contre je vois que tu n’a pas rebondi sur la proposition de loi de Laurence Abeille dont tu vantais l’action dans ce post. Je suis surpris également que tu es oubliée de mentionner toutes les campagnes sexistes auxquelles Pamela Anderson a participé avec Peta.

    L’écologie lors de la COP21? je vois que tu as de l’humour. Je te rappelle juste, pour faire court, que l’élevage n’a jamais été au centre des discussions alors que c’est un acteur majeur du réchauffement climatique. Je vois également que tu n’as jamais écouté Hulot, icône du mouvement écologiste en France, sur la consommation de produits d’origine animale. Son intervention à ONPC est Collector. Ca méritait un Post.

    Si un jour, tu arrives à émettre quelques doutes sur l’approche choisie par ton mouvement, je te conseille de revenir à la source du véganisme en lisant les interviews de Donald Watson-par contre c’est en anglais, fondateur de la Société Végane en 1944.

    Même si visiblement cela ne te plaît pas, je réaffirme qu’opter pour une différence de traitement lorsqu’il s’agit d’animaux non-humains est du *spécisme*.

    Pour finir, permets-moi de continuer à croire s’il te plaît qu’une approche cohérente et fidèle à l’essence du véganisme aide pour un militantisme efficace. on ne régule pas une injustice, on l’abolit.

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  6. Encore une fois, je ne souhaite pas avoir l’air agressif ou quoi que ce soit dans le genre, mais je sais que je m »exprime parfois d »une façon qui semble trop sèche pour la personne à qui je parle.

    Je ne pense pas être fermée à la discussion, je prends toujours le temps de répondre ici ou ailleurs et je suis quelqu’un qui se remets beaucoup en question.

    Revenons-en au fond : en fait j’ai pour ma part l’impression qu’on ne se comprend pas. Pour être exacte j’ai l’impression que tu me ressors toujours la même chose au lieu de rebondir sur mes arguments, pour ce qui est de l’intérêt de faire des demandes moindres que celle d’un véganisme total et immédiat pour tous.

    Peut-être aussi que tu positionnes le débat sur l’idée de « conversion » des personnes une par une, tandis que je suis convaincue qu’on avancera surtout en se positionnant sur le plan politique.

    Laurence Abeille demande beaucoup pour les animaux et si on a des résultats on pourra lui dire merci d’avoir affronté la majorité complice de soutenir des horreurs et d’avoir obtenu du concret même si le chemin à parcourir sera encore énorme. Je crois qu’elle a plus à perdre qu’à gagner en s’opposant au système. Je suppose aussi qu’elle sait que sans gavage c’est au moins 90% de l’industrie qui s’effondre.

    Pamela Anderson, PETA, le sexisme : j’en ai déjà parlé ici :https://peuventilssouffrir.wordpress.com/2014/05/21/la-methode-peta/
    En gros je la crois bien intentionnée mais elle est enfermée dans son rôle de bimbo et PETA dans sa médiocrité habituelle en rajoute une énorme couche. C’est nuisible pour les femmes ET pour les animaux.

    J’ai parlé de la COP21 pour évoquer la campagne d’affichage de L214 à cette période là (où les gens étaient probablement plus réceptifs au message « viande = pollution ». L214 n’a pas participé à la COP21 et n’est pas responsable de l’inertie des participants.
    Et si je cite L214 en exemple c’est pour illustrer le fait qu’on peut attaquer un problème sous plusieurs angles.

    Bref en relisant ton post je trouve que c’est vraiment pas moi qui suis dédaigneuse ou mal informée mais bon…

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