Est-ce si facile de manger végétal aux États-Unis ?

J’ai eu le grand plaisir de passer l’été aux États-Unis, et je peux vous dire que j’en ai profité du premier au dernier jour. 🙂
J’espère que votre été a également été agréable et inspirant.

Avant de partir j’ai imaginé et espéré passer un séjour dans un endroit où les gens sont globalement plus ouverts et/ou mieux informés sur le véganisme et où il est facile de manger végétal par rapport à la France. Un pourcentage de la population VGR / VGL plus important (6% des américains se disent végétaliens en 2017), des personnalités se disant « vegan » (le mot pouvant signifier simplement qu’on mange végétalien pour n’importe quelle raison et sans forcément impliquer le boycott de l’exploitation animale dans d’autres domaines) depuis longtemps, des entreprises investissant dans les alternatives aux produits animaux, le poids de la gastronomie nationale moins lourd qu’en France… voilà ce qui tournait dans ma tête et qui m’enthousiasmait.

Dans quelle mesure ce préjugé positif est-il vrai ?

Où étais-je exactement ?

Alors tout d’abord, je vais bien sûr préciser que ce billet ne relatera que mes impressions personnelles et subjectives concernant ma propre expérience.

Un mois dans la ville de New York et deux semaines en Floride, à Orlando, voilà ce que j’ai eu le bonheur de vivre. Avec une exploration limitée de la Floride comme je l’expliquerai plus tard. Comme vous vous en doutez on ne connait pas un pays en n’en visitant qu’une ou deux villes, c’est d’autant plus vrai pour un pays aussi grand que les USA, qui plus est organisé en plusieurs États, chacun ayant ses particularités. Je ne prétends donc pas que ce récit sera représentatif de la situation américaine en général.

Cette parenthèse faite, passons au vif du sujet !

Manger au resto

J’ai mangé souvent dans des restaurants typiquement fast-food (il y en a tellement et le prix est forcément plus compétitif), d’autres fois dans des établissements plus conventionnels.
Enfin, je me suis fait plaisir avec les pauses goûter : Dunkin Donuts, Starbucks Coffee, etc.

Bilan : j’ai toujours trouvé une et même souvent plusieurs options au moins végétariennes.
Pour faire dans le cliché des burgers, j’ai souvent mangé des « veggie burgers » aux recettes diverses. Qu’y avait-il exactement dedans, je ne saurais pas le dire. Il m’est malheureusement impossible d’affirmer qu’il n’y a jamais eu de l’œuf ou un produit laitier.
Parmi les plats aux ingrédients facilement identifiables, il y avait du fromage parfois (aubergines alla parmigiana, salades avec du parmesan, du gruyère, de la feta…), mais pas toujours.

Chez Angelo, dans Little Italy, à New York, ça goûte comme en Italie (effet « madeleine de proust » pour moi dont le papa est italien)

J’ai notamment pris une fois mon déjeuner dans un salad bar au rythme impressionnant du côté de Wall Street et j’ai pu me régaler avec une grosse salade laitue-kale, avec crudités divers, falafels, sauce tahini.

Ma salade de Wall Street, bien entamée (ce bol était plein à ras-bord)

Dans un resto dont j’ai oublié le nom -oups- près du musée Guggenheim à New York : riz, chou kale, avocat, tofu, pommes caramélisées, sauce pesto. En fait, c’est le genre d’établissement où l’on choisit ses ingrédients tant que ça rentre dans l’assiette !

La chaîne Prêt-à-manger m’a aussi régalée avec une salade composée très rassasiante (les portions sont toujours copieuses aux États-Unis), avec crème de betterave, avocats, patate douce, concombre et pomme verte, tofu,  quinoa, salade verte et une sauce jaune acidulée en plat ; et en dessert une coupe comprenant purée d’amande, compotée de fruits rouges, morceaux de fruits frais, granola –   Délicieux et healthy !


Les restaurants asiatiques avaient toujours plusieurs options vgl à la carte (le resto Sushiteria au rez-de-chaussée de l’Empire State Building était particulièrement bon, et proposait aussi des gyoza végé).

Donburi au tofu, accompagné de rouleaux aux légumes (pas pris de « vrais sushis » pour une fois), dans un resto du côté de Ground Zero

McDonald’s ne proposait rien de rien en végé (sauf à manger uniquement des frites et éventuellement un gâteau ou une glace en mode VGR). Alors qu’ils ont un burger végé dans plusieurs pays et prochainement en France.
Aux USA les burgers sont partout, dans de nombreuses chaînes de resto fast-food mais aussi dans les traditionnels diners, restaurants dont la cuisine est à la fois encore assez simple et conviviale mais tout de même de qualité.

Veggie burger dans un « diner » du Queens, à New York.
Les burgers sont toujours présentés ouverts. Ils sont souvent accompagné d’un gros cornichon mariné à l’américaine et d’un peu de coleslaw. Cette fois-ci le steak végétal avait une base de petits pois, mais j’ai pu goûter pas mal de recettes différentes. 🙂

J’ai bien sûr testé des restos 100 % véganes :

Le fast-food vegan Blossom du JourToujours chez Blossom du jour : nous avions commandé
-un Skyscraper (burger avec un steak à base de haricot sec, agrémenté de champignons, de fromage végétal, d’onion ring, de tomate, etc.),
-un Unchicken avocado griller (une sorte de sandwich de pain de mie grillé contenant principalement du simili-poulet, de l’avocat, du pesto et de la mayo vgl – mon préféré)
-et un Sloppy jack (à base de fruit du jacquier, ainsi que de pommes de terre grillées à l’ail)

Un autre resto totalement végane dans le même quartier de New York, mais plus cher : le Peacefood café.
Voilà ce que j’ai commandé, même si c’est plus cher (genre 15 dollars le plat), c’était délicieux et encore une fois en quantité généreuse (comme si j’avais mangé 2 burgers au lieu d’1) ! (La photo vient de leur page FB)

L’image contient peut-être : nourriture

Le dessert était très réussi lui aussi : une tarte vgl et crue avec une mousse au chocolat à base d’avocat sur une pâte crousti-moelleuse au petit goût de noisette et de noix de coco. Miam !

Mention spéciale parmi les restaurants de DisneyWorld, à Orlando, pour le délicieux Lo Mein végétarien au resto Yak & Yeti (désolée pour la photo pourrie) :

J’ai également mangé un honnête Vegan korma, du côté du parc Disney Epcot.

Pour le reste, chez Mickey, on peut surtout manger végétarien puisqu’on trouve salades, pizzas/flatbread, sucreries à gogo, quiche, cuisine tex-mex vg, etc.

J’ai aussi commandé assez souvent des repas au domicile que je louais, via une plateforme Internet. Examples :

Oui, j’ai mangé beaucoup de veggie burgers !

Faire ses courses

Je dois admettre que je n’ai pas souvent cuisiné. J’ai tout de même fait plusieurs fois des petites courses.
Je suis d’abord rentrée dans un supermarché asiatique (Good Fortune pour ne pas le nommer), car à New York je résidais dans le Queens, précisément dans la zone de Flushing, qui est à grande majorité habitée par des personnes d’origine asiatique (surtout de Hong Kong et de Taïwan).
Puis j’ai testé des supermarchés « classiques » (« Target » et « Shop and Stop » pour ne pas les citer :p).

Et là par contre j’ai été majoritairement déçue du peu d’offres de produits industriels végétaliens proposés… 
Pas de yaourts ni de crèmes à base de végétaux… Faut dire qu’ils avaient peu de yaourts et de crèmes tout courts, habitudes culinaires différentes je suppose. J’ai tout de même carburé tous les matins au lait de soja Silk, très gourmand, sucré et qui semble aussi gras que du lait de vache demi-écrémé (j’avais perdu l’habitude de cette sensation). J’ai aussi dévoré des pots de glace Ben&Jerry au lait d’amandes ! 🙂

Une autre chose qui m’a pas mal surprise, c’est que les produits de marques connues (genre Tofurky) sont différents en termes de goût et de consistance. Différents voulant dire « moins bons », selon moi. Trop salé, moins savoureux, moins tendre… je n’en ai pas acheté deux fois.
Seuls les simili poulets Beyond Meat m’ont plu, grillés au barbecue. Mais bon je n’en avais jamais goûté en France donc je ne peux pas comparer, juste dire que je les ai trouvés bons…

A savoir enfin que si les aliments végétaux de base sont bien sûr faciles à trouver, ils sont relativement chers par rapport à d’autres types de produits. C’est un peu étrange de se retrouver avec des fruits et légumes plus coûteux que de la viande (vendue en énorme barquette), mais aussi tous les produits transformés, sucreries industriels, etc. moins chers que les produits sains…! ça explique probablement pas mal les soucis de santé liés à l’alimentation aux États-Unis.

Parenthèse tofu : je l’ai pratiquement toujours trouvé très bof, en tout cas vraiment moins bon que celui que je consomme en France en provenance de magasin bio / véganes/ asiatiques. Je sais que le tofu de base (je parle uniquement du tofu ferme) est différent selon les pays et plus ou moins selon les marques, mais là je l’ai juste trouvé raté et insipide, que ce soit au restaurant ou acheté puis cuisiné par moi-même. J’aimerais bien savoir pourquoi…

Cupcake végane au chocolat acheté en supermarché

Les gens

Nous avons eu la chance d’être invités par notre ami franco-américain à un barbecue chez lui. J’était la seule végé, mais je n’ai pas été oubliée du tout. D’ailleurs la conversation quand j’ai dit être végane avant de venir, c’était genre « ah, ok, pas de souci ! ». Le non-événement quoi. Pas de malaise, de suspicion, de petite moue voulant dire en secret « qu’est-ce qu’elle nous complique la vie, celle-là »… J’avais entendu dire que les américains avaient le sens de l’hospitalité et de la convivialité, je n’ai pas été déçue ! Aucune obligation de manger tous pareil, l’hôte tient à ce que chacun ait ce qu’il lui faut. Très agréable !

Une petite partie de ce que j’ai mangé : courgettes et pain grillés au barbecue, brown rice, ratatouille, etc.

Cet ami m’a dit avoir essayé le végétalisme il y a quelques temps, ainsi que sa fille. Apparemment l’expérience a tourné court car tous les deux se sont sentis faibles au bout d’un moment. Plus que le manque de protéines évoqué, je pense qu’il s’est passé la chose suivante : arrêt de la consommation de produits animaux… et c’est tout ! Pas de rééquilibrage avec au minimum une plus grande consommation de légumineuses, pas de supplémentation en B12…
Et pour avoir mangé vgl/vgr pendant rien qu’un mois et demi, je peux vous dire que dans un contexte ou on mange un peu n’importe comment, on se sent pas super en forme ! J’ai bien senti que le manque de disponibilité de certains types d’ingrédients, puisque j’étais en mode « impro fast-food » la plupart du temps, m’affaiblissait (par contre je prenais bien ma B12). Féculent-salade, ça suffit pas !
Alors je n’ai pas pu avoir plus de détails (le but n’est pas de procéder à un « interrogatoire ») sur le pourquoi du comment. Mais c’est un rappel à la réalité : beaucoup de gens recommencent à consommer des produits animaux parce que leur façon de manger est déséquilibrée, qu’ils n’étaient pas assez informés sur le sujet. Le changement est possible mais il ne se fait pas au hasard. Si vous êtes en transition vers un régime alimentaire plus végétal, faites-vous conseiller par l’AVF ou par l’asso végétarienne de votre pays.

À part ça

De New York, j’ai surtout expérimenté Manhattan et un peu le Queens. C’est une ville très agréable, à la fois très grande mais humaine. C’est clairement un endroit progressiste où chacun peut vivre avec les autres en étant respecté.e dans sa particularité (couleur de peau, orientation sexuelle, physique, etc.) et où Trump est toujours mal accueilli ! 😀 Un vrai coup de cœur.

J’ai séjourné en Floride d’une façon un peu spéciale puisque la première semaine, c’était farniente-baignade en piscine, à l’exception de la visite de Cap Canaveral et du Kennedy Space Center, et que la deuxième semaine c’était voyage au pays de Mickey !
Alors la Floride ambiance et climat différents, et surtout ne connaissant pas de locaux, l’expérience était plus superficielle quoique tout à fait agréable.

Conclusion

J’aimerais pouvoir manger végétalien quand je suis en vacances ou en déplacement mais force est de constater que même dans les pays dits un peu plus avancés en la matière, ce n’est pas simple.
Demander un repas spécial une fois de temps en temps en appelant un resto à l’avance, ça ne me pose pas problème (et ça peut déjà être bloquant pour certain-e-s). Mais passer tous ses repas à chercher des établissements véganes ou à quémander un truc VGL mangeable, surtout quand on est accompagné-e d’omni, et ce pendant une longue durée de temps comme c’était le cas pour moi aux États-Unis, ça se complique vraiment.
Malgré certaines facilités indéniables, j’ai mangé végétarien assez souvent. J’ai décidé que, quoiqu’insatisfaisant par rapport à mon éthique personnelle, c’était un compromis avec lequel je devais faire dans ces cas-là. Le monde ne change pas aussi vite que je le souhaiterais, en attendant je fais de mon mieux et c’est déjà beaucoup, n’en déplaise à certaines personnes qui voient la vie de façon manichéenne.
Et vous ? ça se passe comment en vacances ?

Ce séjour aux USA m’a confirmé quelque chose : c’est qu’il ne suffit pas de dire Go Vegan pour construire un modèle de société basé sur l’alimentation végétale et le respect des droits des animaux. Il faut un suivi, un soutien. Il faut que chaque élément de la société soit de plus en plus favorable à ce mode de vie. Tout comme pour le « manger sain », le « manger végane » est rendu d’autant plus possible qu’on a des possibilités concrètes au quotidien. C’est vraiment un point à ne pas négliger, en parallèle de l’accent mis sur les raisons éthiques. Parler du Pourquoi mais aussi beaucoup parler du Comment.
Même dans des pays comme les USA ou l’Allemagne, qui ont une longueur d’avance sur la France, le véganisme reste très minoritaire. J’ai vu une ébauche d’une société différente mais j’ai en même temps vu une société profondément carniste.
Je vous rappelle par ailleurs que c’est en demandant aux entreprises qu’elles évolueront petit à petit vers plus de végétal, et ça c’est essentiel pour que les gens mangent moins de produits animaux et donc pas simplement pour nous simplifier la vie et la transition mais pour épargner réellement des animaux. Il faut que ce qui est intellectualisé comme un impératif moral se traduisent par nos actes concrets, sans perdre de temps.
Qu’est-ce qui vous a aidé ou vous aiderait le plus pour manger sans produits animaux ?

Sur ce, je vous souhaite un bel automne et je vous dis à bientôt pour un prochain billet, je l’espère dans pas trop longtemps ! :p

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5 commentaires

  1. Quel beau voyage !
    J’avoue que moi aussi, je suis en mode vgr en dehors de mon domicile. Même si mes vacances se font en France, il est contraignant de faire du 100% vgl hors de chez soi. Et je confirme le mauvais équilibre alimentaire qui arrive vite quand on en est réduit à frites/salade un repas sur deux !

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    • Oui un super voyage, et encore je n’évoque pratiquement que l’aspect culinaire… Des souvenirs inoubliables !
      Quelle que soit la destination, on est dans une situation un peu délicate et il faut trouver une solution, propre à chaque personne, pour faire au mieux sans pour autant se résigner à rester chez soi par manque de solution parfaite.
      Quant à l’équilibre, ça me confirme que je mange « bien » chez moi quand je vois ce qui se fait ailleurs :p

      Merci pour ton commentaire Audrey, à bientôt !

      J'aime

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