Des sadiques… vraiment ?

Depuis quelques mois, je crois qu’aucun.e Français.e n’aura échappé à des images d’abattoirs, images terribles bien sûr, diffusées grâce à l’action de L214 et de ses soutiens anonymes.

Alès. Le Vigan. Mauléon-Licharre. Et tous les autres.

Ce massacre se répète sans cesse. 3 millions d’animaux terrestres tués chaque jour en France pour finir en morceaux dans nos assiettes.

Ce n’est pas une fatalité !

De quoi faire réfléchir sur la direction à faire prendre à notre société. Si c’est trop horrible pour nos yeux, pourquoi s’obstiner à ingérer le produit de cette souffrance. C’est bon, mais est-ce bon à en tuer ?

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Source : Vegan Sidekick en français

Pourquoi tant de cruauté ?

Les principales réactions du public qui découvre horrifié la violence extrême, l’indifférence et même parfois le sadisme des employés d’abattoirs, c’est de blâmer ces derniers comme s’ils étaient le nœud du problème et de les traiter de psychopathes à punir immédiatement et lourdement.

Or, si leurs actes sont évidemment largement condamnable, ils ne sont pas les seuls maillons de la chaîne. Chacun.e doit prendre sa part de responsabilité. Du producteur au consommateur, en passant par les abatteurs, les distributeurs, etc. Diluer la responsabilité ne fait pas avancer le débat, soyons plus honnêtes et plus courageux que ça.

Pour ce qui est de ce qui se passe dans la tête des employés pour arriver à faire subir de telles atrocités à des êtres sensibles, des travaux intéressants ont déjà étudié ce genre de phénomènes.
Les expériences de Milgram et de Stanford illustrent bien comment des « gens biens » peuvent commettre des actes gravissimes lorsqu’ils se trouvent dans des situations où ils doivent (ou pensent devoir) se soumettre à une hiérarchie, où la responsabilité est diluée ou carrément transférée à d’autres personnes. La lecture du livre de Charles Patterson « Un éternel Treblinka » permet également de prendre conscience du processus de réification de la victime désignée, afin que le bourreau puisse supporter la situation : pour réussir à faire du mal, il doit se convaincre que la victime vaut moins que rien.

salonagri

Pour finir, je partage avec vous cette réflexion de V3nom sur le sujet :

Pour toutes les personnes qui crient à la vengeance ou à l’internement psychiatrique pour les employés que l’ont voit ici ou ailleurs causer ces sévices, je recommande la lecture de la brochure gratuite trouvable facilement « Psychologie Du Crime de l’Exploitation Animale », qui explique comment, avec notre système économique actuel, les choix politiques de développement et les moyens industriels mis en œuvre, on place des êtres comme vous et moi dans des situations qui sont tout bonnement insoutenables : tuer des animaux innocents, faibles et sans défense, à longueur de journée, tous les jours, toute l’année, jusqu’à… ce qu’on craque ou qu’on démissionne (quand on a les moyens de démissionner), ou bien que l’on développe des stratégies psychologiques qui rendent ce boulot soutenable : désincarner les animaux, nous les rendre monstrueux ou stupides, et leur ôter toute valeur, en vie ou en souffrance.

Le documentaire « Entrée du personnel » de Manuela Fresil exprime très bien d’ailleurs cette détresse physique et économique qui font que les employés d’abattoirs sont dans un système aliénant semblable à un bagne. Enfin je recommande aussi la lecture de « Dans le crâne d’un tueur », sur le site des Cahiers antispécistes, où un ex-employé d’abattoirs américain (mais ça ne change pas grand chose par rapport à la France) trouve les mots pour expliquer ce qui se met psychologiquement en place pour supporter ce boulot, ou pas… (et ainsi voir ce qu’on observe dans les vidéos comme celle-ci). S’indigner en masse devant un fait c’est bien, mais aller plus loin en se demandant « pourquoi » cela apparaît (ce ne sont pas des cas isolés), dans quelle mesure ne serait-ce pas la faute à tout un système, et enfin trouver pas forcément des responsables, mais les raisons qui rendent ces choses possibles et surtout qui les font perdurer sinon empirer.

Et quand bien même ces vidéos sur les abattoirs ont pour thème le « bien être » animal avant de mourir, le travail de L214 a toujours été et reste la remise en question du fait même de manger de la viande, car si les abattoirs existent c’est bien parce-que les personnes qui veulent manger de la viande ne veulent pas tuer les animaux qu’ils mangent eux-même, associé à ce mythe tenace que sans viande point de vie possible, point de virilité, point de croissance, ni même d’intelligence ni d’humain…

Expliquer n’est pas et n’a jamais été excuser : Il faut savoir le « pourquoi » pour lutter contre la répétition.

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17 commentaires

  1. Bien que j’ai trouvé les images insoutenables, je ne peux m’empêcher de penser que toute cette cruauté doit aussi peser lourd sur le moral des employés de cet abattoir (et de n’importe quel abattoir) et en quelque part affecter leur psychisme. Je me dis même que ça ne doit pas être facile de passer la journée dans ce climat et rentrer par la suite s’occuper de leurs enfants!

    Personnellement je fais mon cheminement vers un mix de végétarisme et de végétalisme parce que je ne pense pas qu’on peut tuer des animaux d’élevage de façon humaine … surtout dans un contexte industriel.

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  2. J’ai beaucoup aimé ton article 🙂
    Je connaissais les expériences citées, mais pas le livre « Un éternel Treblinka », je vais me le procurer. Au passage, merci beaucoup de t’être abonnée à mon blog! 🙂

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    • Je conseille vraiment ce livre, il est super intéressant et pas du tout redondant avec les livres de type « No steak’, « Bidoche », « Faut-il manger les animaux ? ».

      C’est ce qui a fini de me faire prendre la résolution de vivre végane. Je me rappelle encore être en train de le lire dans ma chambre et me dire ‘C’est pas possible, je peux pas continuer à vivre comme ça, sinon je serai comme toutes ces personnes que j’ai toujours détestées (genre torero, personnes qui portent de la fourrure…).

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