Les dauphins ne sont pas des guérisseurs

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Ric O’Barry vient de publier un court billet sur la delphinothérapie. Vous savez, c’est le fait de faire interagir des enfants malades/handicapé-e-s avec des dauphins captifs, prétendument pour que ces enfants voient leur santé s’améliorer.

Voici la traduction de ce billet (par moi-même) :


 

La delphinothérapie est devenue un business lucratif ces dernières années et représente une menace sérieuse pour le bien-être des dauphins car elle engendre une augmentation des captures, du commerce et de l’élevage en captivité de dauphins dans le monde. En outre, cette pratique consiste à profiter de parents désespérés et vulnérables qui sont prêts à payer de grosses sommes d’argent pour offrir à leurs enfants malades ou handicapé-e-s ce que l’industrie de la captivité des dauphins et ses milliards de dollars vendent comme une expérience avec les dauphins qui améliorera la vie des enfants.

Le Dr. Lori Marino a publié un excellent article [Ndt : en anglais] sur Aeon Magazine à propos du mythe de la « delphinothérapie ».

Il n’existe aucune preuve scientifique appuyant l’affirmation selon laquelle passer du temps dans un bassin ou un enclos marin avec des dauphins aurait un effet curatif sur les personnes malades et handicapées. Et même si c’était le cas, cela justifierait-il vraiment le prix si élevé que les dauphins paient pour notre désir d’être proches d’eux ? Lorsqu’on se demande s’il est acceptable ou pas d’utiliser des dauphins pour soigner les gens, il est important de prendre en compte les faits suivants :

Les dauphins sont des mammifères marins sociaux ayant besoin de beaucoup d’espace, qui communiquent par une large gamme de sons et qui sont extrêmement intelligents. L’étendue et la biodiversité de l’océan, dans lequel les dauphins et autres cétacés se sont développés pendant plus de 50 millions d’années, ne peuvent être répliqués dans un bassin ou un enclos marin. Par conséquent, la complexité du répertoire comportemental des dauphins ne peut pas s’adapter à la captivité. D’après les connaissances actuelles sur la physiologie sophistiquée et les capacités émotionnelles très développées des cétacés, il nous faut conclure que confiner les dauphins et les autres cétacés dans un espace réduit cause inévitablement du stress aux animaux. Cet effet négatif est renforcé par le fait que les dauphins utilisés dans des programmes de delphinothérapie doivent être entraînés par le contrôle de leur nourriture afin qu’ils supportent la pression constante d’être traités comme des animaux de compagnie. S’ils n’effectuent pas leur numéro, comme traîner des personnes dans l’eau ou les « embrasser », ils ne mangent pas.

Il est peu surprenant que les dauphins utilisés dans de tels programmes aient fait preuve de comportements agités et agressifs dans les conditions stressantes du confinement et des interactions forcées avec des humains. Ces comportements sont à l’origine de blessures chez des nageurs.  Des blessures ont été documentées chez des humains sous forme de lacérations, de morsures, de traumatismes internes, d’os cassés et de chocs. En fait, la décision de mettre un terme à la série télévisée Flipper a été prise en grande partie parce qu’il devenait trop dangereux pour les acteurs de se trouver dans l’eau avec les dauphins. Inutile de préciser qu’un animal frustré de 150 kg peut causer de graves blessures à un être humain.

Le sujet de l’utilisation des dauphins comme des outils permettant de vivre une expérience de bien-être ne concerne pas la science, mais l’éthique : il est intrinsèquement hypocrite de capturer et d’enfermer les dauphins — et donc de détruire leur qualité de vie — pour essayer d’améliorer la nôtre.

La delphinothérapie est mauvaise pour les dauphins et mauvaise pour les patients.  C’est une arnaque qui rapporte beaucoup d’argent ; c’est mauvais pour les dauphins qui sont retenus en captivité loin de leur liberté et des êtres qui leur sont chers, et c’est mauvais pour les patients et leurs familles qui se retrouvent noyés de bien des manières.

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7 commentaires

    • Je t’en prie 🙂

      La spécialiste Lori Marino explique dans son article que l’impression qu’on les parents que leur enfant va mieux après une séance est due au fait qu’il y a eu beaucoup d’excitation, de stimulation et d’attention autour de l’enfant, mais que ça aurait été la même chose pour une autre activité exceptionnelle et tournée vers lui. Et qu’en fait aller voir un dauphin n’apporte rien de plus que de caresser un chiot.
      L’effet bénéfique n’est d’ailleurs que temporaire.

      (Je ne sais pas si tu comprends l’anglais mais je me suis dit que même si c’était le cas, ça pouvait être utile à d’autres d’avoir ces info, qui ne sont pas mentionnées par Ric O »Barry.)

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  1. Merci pour la traduction, je ne suis pas étonnée de ce triste constat. Effectivement non seulement les animaux sont encore exploités mais je me mets aussi à la place des parents qui doivent être désespérés et prêts à tout pour soulager leurs enfants. Exploitation des animaux et des humains, rien de vegan dans tout ça 😦

    Aimé par 2 people

    • Les gens sont tellement habitués à ne plus percevoir la captivité comme de la maltraitance déjà, qu’ils ne se posent pas plus de questions que ça. Surtout avec l’aspect joueur du dauphin (pourtant ce sont juste ses « traits » et non une expression de sourire). Et si on rajoute l’espoir de sauver ou du moins aider son enfant… « ça ne se refuse pas ! »

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