Foie gras, pas d’exception française à la cruauté

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Bien occupée ces derniers temps, j’ai pas mal de billets en attente dans la catégorie « Brouillon » du Tableau de bord de ce blog.

Je cours un peu partout entre le travail, mes activités personnelles habituelles, la préparation des fêtes de fin d’année ainsi que mes vacances en Écosse à la fin du mois… et je continue à essayez de militer à mon petit niveau.

Il y a un peu plus d’une semaine, j’ai participé pour la première fois à un happening pour sensibiliser les gens dans la rue.

Il s’agissait d’une action contre le foie gras, organisée par L214, association dont l’énergie me surprend toujours.

En ce mois de décembre, entre les traditionnelles fêtes qui arrivent et l’invention de la St-Martin par l’industrie désireuse d’écouler encore plus de foies atteints de stéatose hépatique, les ventes de foie gras explosent et le réflexe d’acheter ce produit doit être questionné.

Le 26 novembre était la Journée mondiale contre le foie gras. Des actions ont donc eu lieu dans plusieurs pays, notamment devant les ambassades françaises (puisque le foie gras est un produit traditionnel français). Le gavage est une pratique interdite presque partout et le nombre de pays qui continuent à tolérer cette pratique se restreint pour friser le néant. Pourtant ce sont encore 40 millions de canards qui sont tués chaque année pour leur foie (et autant de canetons femelles broyés vivants).

J’ai donc participé avec satisfaction (plaisir n’est pas le mot vu les circonstances) à cette action à Lyon le 29 novembre. Je me suis jointe aux militants qui installaient le stand avec tracts, vidéos et pétition à signer et aux autres personnes venues prêter main forte pour la bonne cause. Armé-e-s d’un anorak orange L214 et d’une pancarte chacun-e, nous avons mis sous les yeux des nombreux passants la réalité des faits de l’industrie du foie gras, par des images et par des phrases expliquant la situation. D’autres militants allaient à la rencontre des gens avec des tracts pour dialoguer.

Pendant toute l’après-midi, nous avons donc essayé de sensibiliser un maximum de personnes. Comme je l’imaginais, il y a eu de tout :
– « Vous allez pas me niquer mon Noël ! »
– « On s’en fout, c’est bon le foie gras ! »
– Ricanements
– « Mais les végé, ils sont écolo et moi je suis pour le nucléaire… » (je raccourcis la discussion mais ça donnait vraiment ça)
– Mines sincèrement dégoûtées / surprises /tristes
– Encouragements/remerciements de la part d’omnivores en questionnement et de végés
– Des parents qui expliquaient à leurs enfants ce qui était exposé sur les pancartes
– …

 

Cette journée a été pour moi l’occasion de réaliser à quel point le militantisme dans la rue est une approche indispensable, tant on touche un nombre élevé de personnes en peu de temps. En comparaison, il me faut sans doute plusieurs jours pour obtenir le même nombre de visites sur ce blog que le nombre de passants qui ont vu notre action en 3 heures.

La question qui se pose ensuite est celle du ciblage. Je ne fais pas du marketing, mais je n’écris pas sur ce blog parce que je m’ennuie chez moi ou que j’ai envie de faire mon intéressante. J’ai créé ce blog pour apporter ma petite pierre à l’édifice, parce que chaque voix peut éventuellement faire prendre conscience à quelqu’un qu’on peut vivre sans tuer et pour apporter encore un peu plus de visibilité à la prise de position éthique et politique qu’est l’anti-spécisme.
Je m’interroge donc, entre autres, sur la manière d’atteindre un maximum de personnes. Pas pour les harceler mais pour que l’information passe. Je ne sais pas quel est le pourcentage de visiteurs de ce blog qui arrive ici en étant déjà sensibilisé au respect de la vie animale voire en étant déjà végane, mais j’aimerais le savoir (devrais-je intégrer un sondage ?). En tout cas, dans la rue, comme je l’ai dit, on croise de tout et donc la goutte d’eau qu’on apporte peu s’ajouter à un verre complètement vide, un verre déjà plein mais aussi à tous les niveaux de remplissage du verre (je vous ai perdus en route avec ma métaphore, c’est ça ?). On peut faire avancer tout un tas de personnes, qui sont à différents stades de l’information et de la réflexion. On peut faire basculer quelqu’un dans la prise de conscience et la concrétisation d’un comportement responsable et éthique.

Dans la rue, les gens passent au hasard. Ils n’ont rien demandé mais ils reçoivent quand même l’information (et n’en sont parfois pas contents). On touche des gens qui n’auraient jamais tapé un mot-clé en rapport avec l’éthique animale dans un moteur de recherche. Je sais que certaines personnes considèrent ça comme intrusif de les « forcer » à voir des images ou à prendre connaissance de faits qui se trouvent être violents alors qu’ils n’ont pas donné leur accord préalable. Cependant, sachant que les informations sur ce type de sujet sont cachées aux citoyens (« cachées » est vraiment le mot) et vu l’importance de l’enjeu (question de vie ou de mort quand même), je crois qu’on peut prendre le risque de heurter quelques personnes (c’est un mal pour un bien).

Après, mon idéal d’action est plutôt la Vegan Place (c’est ce qui était prévu ce jour là, mais le programme a dû être modifié quelques jours avant) : une action d’information/sensiblisation où on (L214) propose aux passants de goûter des recettes végétaliennes et de leur montrer des vidéos. On a donc le dialogue, le consentement, l’engagement pro-actif de la personne (pas le même état d’esprit du coup) et en bonus important l’image du mode de vie végane qui est dépeint comme quelque chose de positif, de bon, de convivial, de facile (via la nourriture). J’espère vraiment participer à une Vegan Place en 2015.

Je crois finalement que ces deux méthodes, ces deux biais de communication sont complémentaires. Il ne faut rien négliger. Je continue le blog, et je compte participer à d’autres actions IRL à l’avenir.

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Est-ce que vous consommez du foie gras (ou ses produits dérivés : magret de canard, etc.) ? Si vous arrêté : depuis quand et pourquoi ? 🙂 Si non, envisagez-vous d’arrêter d’en consommer ?

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16 commentaires

  1. J’en mange, enfin, quand l’occasion se présente (Noël, restaurant) mais parce que je n’avais jamais vraiment vu/réfléchi à comment c’était fabriqué. Comme j’en mange très rarement et qu’en plus ça peut facilement me dégoûter (si c’est cuit) je pense que ça ne serait pas difficile de s’en passer, même si du coup je ne mangerai pas d’entrée à Noël puisque chez moi c’est huîtres et ou foie gras :/

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    • Oui c’est un produit qu’on ne mange pas souvent de toutes façons, les réticences à ne plus en consommer me semblent donc plus de l’ordre du symbolique (tradition, souvenirs familiaux, tout ça…) qu’autre chose.

      Quand on est invité-e c’est pas toujours évident. Certaines personnes proposeront autre chose pour peu qu’on les prévienne assez à l’avance, ça dépend des gens.
      Bonnes fêtes en tout cas !

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  2. J’en ai mangé pour la dernière fois il y a deux ans. Depuis, j’ai adopté avec mon mari et mes filles (5 ans et 3 ans) un mode de consommation végane. Depuis cette révolution personnelle, on reçoit chez nous pour les fêtes, ce sera donc notre second Noël sans victimes.
    Reste maintenant à cuisiner un repas végane qui en jette pour 10 personnes … On l’a déjà fait l’année dernière mais ça m’impressionne encore quand même par anticipation…. Enfin cette année, les préparatifs vont être un peu plus légers puisque mon beau-frère et ma belle-soeur (qui commencent à réduirent leur consommation de viande) prennent en charge la préparation d’une entrée végane pour 10 !

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    • Ah mais c’est super ! Un « Noël sans victime », ça devrait toujours être comme ça ! 🙂
      C’est top que vous soyez devenus véganes en famille, mais si en plus l’entourage proche (avec qui vous passez les fêtes) a une réaction positive, c’est l’idéal ! Mention spéciale au beau-frère et à la belle-soeur de s’impliquer autant !
      Joyeuses fêtes

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  3. Déjà, je te dis bravo. Il faut quand même en vouloir pour se retrouver dans la rue afin d’afficher clairement ce que la plupart des gens choisit délibérément d’ignorer. D’ailleurs, j’espère moi aussi pouvoir participer à des actions de ce genre en 2015, quand ma situation professionnelle se sera stabilisée.

    Néanmoins, je m’interroge. D’une part parce que je ne sais pas si je serai capable de garder mon calme face à certaines réactions (et dans ce cas-là, je ferais plus de mal que de bien) ^^. Et d’autre part sur l’effet de ce type d’action. J’ai l’impression, comme tu le dis de tes visiteurs sur ce blog, qu’il faut être déjà en train de se poser des questions sur le sujet ou même d’être partiellement convaincu pour que des images chocs aient un semblant d’effet. J’en ai tête mes parents, qui savent bien ce que je pense, qui ont bien intégré ma lubie végane quand je vais manger chez eux, mais qui face à l’évocation de scènes cruelles sur l’élevage ou le gavage, me sortent du « oh tais-toi, on sait déjà que c’est terrible, ça sert à rien de nous mettre ça sous le nez » avant de se reprendre une tranche de jambon. J’ai peur que comme certaines images choc de la sécurité routière, le seul véritable effet qu’on obtienne soit de braquer encore davantage les gens. Vaste débat et au fond, je n’en sais rien, mais je m’interroge.

    Par contre, les Vegan Place me semblent être une superbe initiative, pour toutes les raisons que tu évoques. Il y a un côté plus vivant qui rend l’action extrêmement positive.

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    • Merci pour l’encouragement, mais j’avais un poste facile (mis ç part la question du froid quand on est immobile des heures) : j’ai laissé d’autres personnes aller discuter en donnant des tracts. Parce que j’ai un côté un peu réservé et surtout parce que, comme toi, j’ai peur de m’emporter parfois.

      Je te souhaite de pouvoir participer à de futures actions, ça recharge les batteries je trouve (de voir quand même beaucoup de réactions positives et aussi sans doute de partager un moment entre véganes – ne plus être la personne différente / pénible / en minorité).
      Tu trouveras plein d’actions sur le calendrier du site de L214.
      (Tu es sur la région parisienne ou bien ?)

      Concernant la réaction des gens, c’est sûr qu’il y en a qui partent de très loin, ça laisse pas trop d’espoir, du moins dans l’immédiat (je veux dire quand on ricane en voyant une bête maltraitée, c’est soit un rire nerveux soit de la pure stupidité et un manque total d’empathie). Mais à part ceux-là, les gens sont parfois surprenants. Des personnes qui font style « m’en parle pas… » en reprenant du jambon, ils peuvent tout à fait finir par changer. Ils sont dans cette dissonance cognitive (et non dans l’indifférence) et il suffit qu’une seule fois ils choisissent de ne pas fermer les yeux et ça peut être le début de la cohérence dans leur comportement.

      Y a plein de profils différents mais je crois que la règle si on veut militer sans se décourager, c’est d’accepter qu’on ne verra pas quelqu’un changer brusquement après une discussion avec nous. Pour l’énorme majorité des gens qui deviennent végé, c’est plutôt un processus qui prend du temps et c’est après plusieurs expositions à des réalités, à des arguments que l’idée fait son chemin et qu’il y a changement.

      Je peux te dire qu’au bout de deux ans, après avoir désespéré de l’indifférence de mes proches quand je suis devenue végane et que j’ai essayé de les sensibiliser, je me rends compte maintenant qu’ils ont bien réduit leur consommation, qu’ils se sont mis à la cuisine végétalienne, qu’ils font bien plus attention à ce qu’ils consomment. Ma belle-mère est même en transition végé, parait-il. Comme quoi il ne faut jamais désespérer.

      C’est la répétition, la visibilité de la cause qui la fera sortir de la case « bizarre / marginale / ridicule / folle / utopique / etc. », et n’oublions pas qu’un des principaux freins au véganisme, c’est la pression sociale.

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      • Là encore, tu me livres un commentaire qui me remet les idées en place, parce que tu formules clairement des trucs que je sentais vaguement sans arriver forcément à mettre le doigt dessus. ^^

        Sûr, malgré ce que je décrivais de mes parents, eux aussi, globalement, font plus attention, font l’effort de cuisiner des trucs végé et prennent plaisir à en manger quand je suis là. Il y a quand même plus de positif dans mon entourage que je ne voulais l’admettre de prime abord.

        La tentation est grande cependant, de désespérer, ne serait-ce qu’en faisant un tour sur le net ou en se coltinant des commentaires débiles sur son blog ou sur des forums.

        En tout cas, je réitère : bravo pour ton action, bravo pour ce blog.

        Comme je te disais, j’espère un jour pouvoir participer à des actions de ce genre. Je me trouve en bourgogne, pas loin de Charolles (avec ses innombrables transports de bovins en partance pour l’abattoir), à 1h30 de Lyon où L214 est très active.

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  4. Je m’apprête à fêter mon premier Noël végé (j’ai arrêté de consommer des animaux en février dernier) et j’avoue j’éprouve un mélange d’impatience et d’angoisse : que vont me faire les gens ? (je ne reçois pas, c’est moi qui suis reçue) Quoi qu’il arrive j’ai prévu de faire un stock de faux gras, j’adorais le foie gras mais on a la chance d’avoir un substitut moins cher, tout aussi bon et, le plus important, qui ne torture personne, pourquoi s’en priver ?? 🙂

    Bref, je suis aussi admirative de ton engagement IRL : bravo \o/

    (et tu es sûrement au courant mais l’émission Service public d’Inter parlait de la souffrance animale ce matin, il y avait des nanas de L214. Le lien pour la réécouter : http://www.franceinter.fr/emission-service-public-les-produits-garantis-sans-souffrance-animale 😉 )

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    • Si on t’as dit que quelque chose serait prévu pour toi, essaie juste de profiter. Bon après, ça sera peut être pas très recherché parce que les gens ont rarement l’habitude de cuisiner végé mais bon, c’est pas si grave (des conseils les aideraient peut être d’ailleurs).

      Pour le Faux gras, je mets personnellement un bémol (désolé jvais faire ma chieuse) vu que ce produit contient de l’huile de palme (le label RSPO ne semble pas réellement convaincant et indépendant – ils ont qu’à mettre une huile clean !).

      Merci, mais vraiment c’est pas grand chose. Et puis honnêtement, ça me fait retomber un petit peu la pression quand j’ai l’impression de me rendre (un peu) utile (parce que voir des trucs déprimants régulièrement et se sentir 100% impuissant, c’est terrible).

      Merci pour le lien, je n’ai pas encore écouté. 🙂

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  5. Je n’en mange jamais. D’une part, parce que je n’aime tout simplement pas le goût (incroyable d’après tout le monde mais bel et bien vrai…) et quand bien même je l’appréciais j’éviterais pour des raisons éthiques. Je ne juge pas ceux qui en consomment, je ne souhaite tout simplement pas faire partie de cette boucherie.

    Je ne savais pas pour les cannetons femelles broyées vivantes… je m’en remets encore. Raison de plus pour éviter le foie gras cette année.

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    • Quand j’en consommais, je trouvais aussi que c’était quand même beaucoup de bruit pour rien…

      J’ai l’impression que le fait que des poussins/canetons soient broyés vivants, ça touche beaucoup de personnes (c’est très violent et c’est inattendu), que ce soit concernant le foie gras, ou les œufs de poules.

      Bonnes fêtes sans foie gras en tout cas !

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