Avant j’avais des principes, maintenant j’ai un enfant (et c’est pas le moment de renoncer à mes principes)

En France, le débat pour ou contre la fessée (la violence éducative en général) refait régulièrement surface (et on passe pour de gros attardés insensibles dans d’autres pays).

Je fais essayer de faire bref.

J’ai eu une grosse fessée dans mon enfance. Une, c’est pas beaucoup. D’ailleurs « j’en suis pas morte™ ».
Ça a en tout cas suffit pour que je pense qu’il est normal de reproduire ça pour éduquer son enfant. Lorsque le débat sur une éventuelle loi interdisant la fessée a commencé, je me suis retrouvée à penser « Non mais faut pas abuser, une fessée c’est pas battre son enfant », « Et de quoi ils se mêlent, faut bien imposer une autorité sinon ça fait des enfants-rois ! », etc. Ce qui est dingue, c’est que comme pour le carnisme et d’autre systèmes d’oppression, on dirait que ce sont des phrases toutes faites qui sortent et que la majorité des gens répètent mot pour mot. Comme si on avait subi inconsciemment un gros lavage de cerveau collectif qui ferait taire en nous tout esprit critique.

Heureusement, je n’en suis pas restée là. J’ai pris la peine d’écouter les arguments contre la fessée et en fait j’ai été convaincue. J’ai d’abord lu des billets de blogs d’une grande qualité (Working Mama, les Questions composent, OkaasanÉlucubrations d’une jeune idiote…), puis écouté des conférences d’Isabelle Filliozat et enfin lu le livre d’Alice Miller C’est pour ton bien.

Non seulement les arguments contre les violences éducatives sont nombreux et appuyés par des études sérieuses et par les ONG en faveur des droits de l’enfant, mais en plus, à chaque fois que le débat ressurgit et que je discute ou que je lis des commentaires sur le sujet en faveur des châtiments corporels, je me dis qu’il n’y a vraiment aucun argument valable en faveur des fessées et autres gifles.

Ma mère trouvait ça horrible qu’à son époque on tirait les oreilles des enfants et on leur tapait sur le bout des doigts avec une règle à l’école, ou que les parents avaient souvent des martinets pour « corriger » leurs enfants, pourtant elle a encore du mal à être vraiment contre la fessée. Elle en a reçu, elle en a donné mais admet qu’elle ne l’a fait que rarement et dans des situations où elle s’est senti dépassé, donc en échec.

En effet frapper ce n’est pas une méthode d’éducation. C’est notre impuissance et notre colère qui prend le dessus.

Chaque génération est en moyenne moins violente que la précédente envers ses enfants mais le respect de l’intégrité physique des enfants ne semble toujours pas être une évidence (alors que la loi punit les agressions envers les adultes et les animaux de compagnie).

Chez moi ça se passe comme ça, véto absolu sur les coups, je travaille à ne pas recourir au système punition-récompense pour élever ma fille (3 ans) même si ce n’est pas évident tous les jours (d’ailleurs je me rends bien compte que le système est nul mais je n’ai pas assez bien intégré comment faire autrement lorsque la crise est forte).

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 Illustration : Bougribouillons

Je vous remets ce lien très utile pour commencer à sortir de la relation de domination et aller sur le chemin d’une éducation bienveillante efficace et respectueuse à la fois de l’enfant et des parents. Ce sont des outils, des notions de base exposés de façon brève et simple, et sans culpabilisation aucune.
Sans fessée comment faire ?

Je la regarde dans les yeux. Comment est-ce que je pourrais la frapper ?

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7 commentaires

  1. Merci beaucoup pour le lien, j’ai enregistré aussitôt le dossier sur mon ordinateur ! 🙂
    Je n’ai pas encore d’enfant mais je m’intéresse beaucoup à la question de l’éducation par rapport à ma propre expérience enfantine et du fait que j’ai toujours été en contacts avec des tout-petits.

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    • Je t’en prie.
      Je pense que ça peut déjà aider au niveau de la patience et pour connaître des astuces si tu as toujours été en contact avec des tout-petits (enfin j’espère que les adultes autour agissaient de façon bienveillante sinon ça fausse tout).

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  2. Décidément… je me retrouve encore dans ce que tu écris. Même si mes parents avaient très peu recours aux claques, jusqu’à il y a quelques années je pensais aussi qu’une gifle, une fessée, ce n’était « pas grand-chose », et les propositions de légiférer sur le sujet me faisaient seulement dire « c’est débile, de toute façon si un enfant prend une claque, personne ne le saura donc les parents ne seront jamais poursuivis ».
    Depuis la naissance de Zozio j’essaie de pratiquer l’ENV, j’ai encore du mal avec les cris, et j’utilise parfois la promesse d’une récompense pour obtenir sa coopération, mais je me dis que mieux vaut la carotte que le bâton…

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    • C’est pas évident de se remettre en question mais si on veut être dans le juste, c’est essentiel de continuer à se poser des questions et réellement écouter les arguments des uns et des autres. C’est dans notre propre intérêt.

      L’ENV c’est pas évident parce que c’est pas dans les moeurs on est en gros la première génération à carrément essayer de stopper non seulement les coups mais aussi les cris et les punitions. On a pas de modèles, seulement des écrits sérieux (dont je remercie les auteures). Rome ne s’est pas faite en un jour comme on dit. Donc j’essaie de progresser même si c’est pas encore parfait (d’autre part le papa est moins réceptif que moi, il a du mal à sortir de cette idée d’opposition et de ne pas crier, etc.)

      Je préfère le dire parce que l’autre critique qu’on entent souvent quand on veut éduquer autrement c’est qu’on se croit parfaite. C’est archi faux. Il faut être humble et savoir qu’on va trébucher mais petit à petit on va dans la bonne direction.

      (J’ai rajouté le blog d’Okaasan dans le billet, parce qu’il m’aide aussi beaucoup).

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  3. Ton post me parle beaucoup car j’ai eu le même cheminement « intellectuel » sur la fessée et son interdiction. J’ai aussi les mêmes références que toi. Par contre, j’ai conscience que si je n’ai pas utilisé de fessées sur ma fille, j’ai eu des actes qui y ressemblaient. Mon énervement et ma colère m’ont quelquefois mis dans une situation plus que borderline. Par la suite, je me suis excusée auprès de ma fille et j’ai verbalisé mon trop plein d’agacement qui m’avait fait péter les plombs.

    Pour l’histoire de la fessée, quand je me retrouveà discuter avec des gens. Je leur demande toujours s’ils accepteraient de recevoir une fessée par leur conjoint(e) dans une situation de grand agacement?

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