L’huile de palme

Je ne serais peut-être pas devenue végane si je n’avais pas entendu parler du problème énorme lié à l’huile de palme.

Il y a 4 ou 5 ans, je ne sais plus comment, j’ai eu accès aux informations expliquant l’impact désastreux de l’huile de palme. Sur l’environnement, sur la faune et la flore des pays producteurs, sur les humains travaillant et vivant dans ces mêmes pays. Ainsi que sur la santé des consommateurs du monde entier.

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INDONESIE, Sampit, Kalimantan: Cette photo, qui a été donnée, prise le 4 mai 2007 et disponible le 25 juillet 2007, montre des activistes indonésiens s’occupant d’un orang-outan après qu’il a été attaqué par des résidents de Sampit, dans le centre du Kalimantan. Des personnes qui travaillent dans les plantations de palmier à huile indonésiennes tuent volontairement des orang-outans sur l’île de Bornéo pour les empêcher de manger leurs semis, selon des activistes. Au moins 1 500 orang-outans sont morts en 2006, la plupart suite à des attaques délibérées mais aussi à cause de la disparition de leur habitat pour les plantations de palmier à huile. Copyright AFP Photo / HARDI BAKTIANTORO/ Centre pour la protection des orangs-outans / Source

C’est à partir de là (et de la découverte d’autres problèmes écologiques, ainsi que du concept d’obsolescence programmée), que j’ai commencé à comprendre que nos lois, nos gouvernements ne remplissaient pas leur devoir de protection des citoyens. Oui, naïve que j’étais encore, je pensais (comme encore beaucoup de monde aujourd’hui apparemment), qu’ici (dans les pays riches) et maintenant (dans notre époque moderne, dans les années 2000), nous vivions dans des sociétés qui avaient les moyens et la volonté de faire au mieux pour la santé et la sécurité de tout un chacun. Que les lois, quoiqu’imparfaites, étaient globalement justes. Que les consommateurs pouvaient acheter les yeux fermés. Que si c’était autorisé, c’est que c’était « clean ». Que les médias faisaient leur boulot d’information.

Je souris jaune en écrivant tout ça. Ca me parait bien loin maintenant.

Je ne suis pas du genre complotiste ou paranoïaque mais force est de constater qu’on nous prend royalement pour des c***. Mais ça devient de plus en plus difficile de cacher les sujets qui fâchent avec les réseaux sociaux et Internet en général.

Bref, une chose en entraînant une autre et à force de me renseigner sur ce sujet mêlant écologie, socio-économie, respect du vivant et santé…  je suis tombée sur des infos sur notre manière de traiter les animaux en général. Je pense que c’est à peu près à ce moment-là que j’ai visionné Earthlings et que ma période de digestion-réflexion sur le sujet s’est vraiment amorcée. En effet pourquoi cautionner la cruauté inutile d’un repas carné alors que j’avais toujours eu le plus grand dégoût et le plus grand mépris pour la fourrure ou la corrida et que je venais de bannir toute huile de palme de mon alimentation pour épargner les singes et les autres animaux des forêts vierges ?

 

Pourquoi boycotter l’huile de palme ?

Si aucune raison ne vous convainc,  je ne sais pas ce qu’il faut faire…

La déforestation, facteur de déréglement climatique

Le palmier à huile pousse dans des régions tropicales et ce sont donc des surfaces immenses de forêt vierge qui sont détruites pour laisser place à la production d’huile de palme. Plus de 75% de la forêt vierge indonésienne a été rasée en 60 ans ! D’autres pays comme la Thaïlande ou le Brésil… sont également touchés.
En détruisant cette végétation, ce sont d’immenses quantités de carbone qui sont relâchées dans l’atmosphère, ce qui aggrave d’autant plus le déréglement climatique.

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La monoculture, synonyme d’appauvrissement des sols et de dépendance alimentaire des populations locales

En ne produisant qu’un seul type d’aliment de façon intensive, la terre va perdre toujours les mêmes composants nutritifs, année après année. Les sols s’appauvrissent : baisse des teneurs en matière organique, baisse de la biodiversité et tassement des sols. Le rendement finit par chuter. Il faut utiliser de grandes quantités d’engrais azotés (donc polluants) et/ou défricher plus loin.
D’autres part, les populations qui ne misent que sur un seul type de culture mettent tous leurs œufs dans le même panier. C’est risqué de ne miser que sur un seul produit à exporter. Mais surtout presque plus aucune terre n’est utilisée pour produire les aliments qu’ils mangeraient eux-mêmes. Les populations pratiquant la monoculture doivent donc importer ces denrées alimentaires de première nécessité et sont à la merci des variations des cours de ces produits en bourse (pensez à la crise au Mexique suite à l’augmentation du prix du maïs).

L’enfer pour les animaux

De nombreuses espèces animales sont décimées par le feu ou tuées par d’autres moyens, dont des espèces déjà menacées. Les animaux n’ont plus d’habitat où vivre et se réfugier, ils n’ont plus de nourriture non plus.

La population d’orang-outans a été divisée par 10.

Des bébés gibbons sont arrachés à leur famille (qui est tuée) et vendus comme des jouets vivants, qui finiront abattus à leur tour une fois l’âge adulte atteint (pour cause d’agressivité).

Il y a enfin le phénomène de prostitution des femelles orang-outans pour les hommes. Oui, vous avez bien lu. Des femelles orang-outans sont gardées en captivité, enchaînées, rasées intégralement, parfois même maquillées et vêtues comme des femmes, pour le plaisir de quelques pervers et le profit de maquereaux/maquerelles.
Je crois que ça se passe de commentaire. Spécisme, sexisme, domination par le sexe, zoophilie. Difficile de faire plus écœurant. On pourrait certainement faire étudier ça par l’auteure féministe antispéciste Carol J. Adams.

Pony avant, sur son matelas, enchaînée au mur en attendant le client...et Pony aujourd'hui

Pony, femelle orang-outan : libre dans la forêt, puis réduite à une vie d’esclavage sexuel pour les humains. 

 

Des cas de contre-attaques d’orang-outans ont été recensés. Il semblerait que ces grands singes, par ailleurs très sociables et intelligents, se voient contraints de riposter pour tenter de survivre. C’est ainsi que des humains ont été violemment agressés physiquement par des singes en colère (alors que ces singes sont d’un naturel pacifique).

D’autres espèces animales, moins médiatisées que les singes, sont également victimes de l’industrie de l’huile de palme. Certains animaux périssent dans les incendies qui permettent de faire table rase de la forêt, d’autres survivent et finissent enfermés et maltraités dans des zoos.

Une huile mauvaise pour la santé

L’huile de palme a peu de qualités nutritionnelles à la base et elle perd ces quelques qualités lors du processus industriel qui la transforme en produit raffiné incolore, inodore et sans saveur.
C’est également une huile qui contient 50% de graisses saturées : celles dont il ne faut vraiment pas abuser sous peine d’augmentation du risque de diabète, de risque cardio-vasculaire, etc. (c’est également le type de graisses qu’on retrouve dans les produits animaux, poisson mis à part).

L’huile de palme est pratique et peu chère mais n’apporte rien de bien à l’organisme, bien au contraire !

Comment faire ?

Choisir des produits sans huile de palme

Le site Vivre sans huile de palme a été créé par un Strasbourgeois qui a tenté l’expérience de bannir totalement l’huile de palme pendant 1 an. Chose difficile tellement cet ingrédient se cache partout.
Dans les produits alimentaires, les mentions « huile de palme » (même avec label bio), « huile de palmiste » et même « huile végétale » sans plus de précisions, notamment sont à boycotter. Si vous êtes végane comme moi, ça complique les choses d’éviter à la fois le beurre et l’huile de palme, je l’avoue.
Certains produits très populaires, comme (au hasard… hum… hum) le Nutella, sont à proscrire et sont facilement remplaçables par des marques plus saines et tout aussi bonnes. De toutes façons le Nutella, c’est rien que du sucre + de la mauvaise huile + du marron, vous perdez rien ;).
Il reste aussi l’option « j’apprends à faire de bonnes gourmandises ». Je sais que tout le monde n’aime pas cuisiner, mais honnêtement c’est moins compliqué qu’on se l’imagine (allez voir des blogs culinaires véganes et vous m’en direz des nouvelles !).

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Moi je mange celle-là !
Source : Veganisation.fr

Mais vous avez peut-être aussi remarqué que certaines marques font du « sans huile de palme » un argument de vente et apposent cette mention en gros sur les emballages de pas mal de leurs produits (chips, gâteaux, préparations surgelées…). Encourageons-les dans ce sens !

Méfiez-vous également des savons, produits d’entretien et autres cosmétiques.
Ah, et pour les jeunes parents : n’oubliez pas que les Laits artificiels en comportent généralement !

Pour ce qui est des labels Bio/durable : ils ne valent rien étant donné que les organismes qui les attribuent sont sous la main-mise des industriels faisant le commerce de l’huile de palme = 0 crédibilité.

Faire passer le message

L’action passe par l’information, parlez-en autour de vous, partagez sur Internet !

Réclamer des produits « clean »

Aux élus, aux marques… Ne sous-estimez pas le pouvoir de la grogne collective, surtout lorsqu’on parle de ne plus mettre la main au porte-monnaie ou dans l’urne, ou de salir une réputation ! (Ben oui, fallait pas nous énerver :x)

Soutenir des associations qui se battent sur place

Je vous laisse avec une interview du militant français Chanee, qui vit à Bornéo et sauve des singes sur place avec l’aide des populations locales, par le biais de son association Kalaweit.

 

Sans titreCliquez sur l’image pour lancer la vidéo. 🙂

 Et vous, est-ce que vous consommez encore de l’huile de palme ?

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Un commentaire

  1. A reblogué ceci sur Idées en vrac d'une petite Moineauet a ajouté:
    « Oui, naïve que j’étais encore, je pensais (comme encore beaucoup de monde aujourd’hui apparemment), qu’ici (dans les pays riches) et maintenant (dans notre époque moderne, dans les années 2000), nous vivions dans des sociétés qui avaient les moyens et la volonté de faire au mieux pour la santé et la sécurité de tout un chacun. Que les lois, quoiqu’imparfaites, étaient globalement justes. Que les consommateurs pouvaient acheter les yeux fermés. Que si c’était autorisé, c’est que c’était « clean ». Que les médias faisaient leur boulot d’information. » J’aurais pu écrire ce paragraphe moi-même !

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