Arrêtez de dire aux femmes de sourire !

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Voici une initiative d’affichage dans la rue d’une série de portraits de femmes avec des messages d’empowerment et de lutte contre le harcèlement de rue qui est puissante : Stop telling women to smile

Ces phrases, en anglais et en espagnol, sont inscrites sous des œuvres de Tatyana Fazlalizadeh, l’initiatrice du projet. Les affiches sont collées dans les rues de plusieurs grandes villes aux États-Unis depuis l’automne 2012.

En voici quelques exemples en français :

– Arrêtez de dire aux femmes de sourire
– Ma tenue n’est pas une invitation
– Les femmes ne sont pas dehors pour vous divertir
– Les femmes ne vous doivent pas leur temps ni leur conversation
– Mon nom n’est pas « Bébé »/ »Chéri »
– Je ne suis pas ta propriété / Tu n’as aucun contrôle sur mon corps
– Les femmes ne cherchent pas votre validation
– Je ne suis pas là pour toi
– Les critiques sur mon corps ne sont pas les bienvenues

Cette campagne est une réponse aux remarques, sifflements, regards et autres agressions sexistes que subissent les femmes dans l’espace public.
Les affiches dégagent beaucoup de force. Les différentes femmes dessinées regardent toutes le lecteur avec assurance et la phrase inscrite en lettres capitales s’adresse directement aux harceleurs.
C’est une façon de se réapproprier la rue en osant s’affirmer, en étant simplement présentes (au travers de ces affiches), en refusant de se taire et de supporter.

Le harcèlement de rue est inacceptable et appelle la réaction de nous toutes, dans la mesure du possible de chacune.
Trop tolérés dans nos sociétés, ces comportements semblent parfois anodins aux yeux de certaines personnes (majoritairement des hommes comme par hasard) mais blessent durablement celles (et ceux – souvent des enfants ou des homosexuel-le-s) qui le subissent.
La récente « affaire Rémi Gaillard » (qui succède à tant d’autres, médiatisées ou non) nous rappelle que les incitations aux violences sexistes sont encore perçues comme de l’humour par beaucoup, et que le simple fait de contester nous vaut des insultes.

C’est cela qu’on appelle « culture du viol » : le fait de tolérer voire de participer à des pratiques sexistes qui renvoient les femmes à une position inférieure, passive, sexuellement objectivée. Des pratiques qui rendent le harcèlement ou d’autres violences plus faciles puisque banalisées. Il s’agit de contrôler le corps et l’esprit des femmes.

Comme tout système d’oppression qui a réussi, il est devenu (au moins partiellement) invisible. Il est du moins difficile de voir l’étendue du problème et de relier chacun des points entre eux.
Pourtant lorsqu’une femme risque d’être importunée en raison de son genre dès lors qu’elle met le pied dehors, elle se sent vulnérable. Un déséquilibre se crée.
Quand j’entends dire qu’il est normal que les petits garçons soulèvent les jupes des petites filles et les importunent dès la maternelle, juste parce que « les garçons sont comme ça », j’ai vraiment envie de répondre (je le fais parfois) que les petits garçons (comme tous les enfants) font ce qu’on leur permet de faire et même ce qu’on les encourage à faire.
De cette répartition des rôles injuste et basée sur la domination d’un groupe sur un autre, au harcèlement de rue, voire aux violences domestiques, aux viols et autres manifestations du sexisme, il y a un continuum.
Il est important de démonter chaque pièce de ce puzzle.

Ne nous taisons pas.
L’espace public nous appartient également.

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5 commentaires

  1. Ce type d’harcèlement (celui de rue uniquement) est quasi inexistante au Québec (sans exagération aucune) Je me demande vraiment ce qui fait que la France soit aussi ravagée par ce phénomène (qui ne met en rien inconnue puisque j’en est lu très longuement sur le sujet (il faut dire que je ne connais que des blogueurs-euses français-es)) Les affiches sont une merveilles!

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    • Et bien, tant mieux s’il n’y en a pas au Québec. Je suis agréablement surprise ! Cela va renforcer votre réputation de personnes respectueuses :p

      En France, mais aussi aux USA et dans bien d’autres pays, il y a malheureusement souvent du harcèlement de rue, en particulier dans les grandes villes (je vis maintenant dans une toute petite ville, et c’est très paisible).
      Savoir quand et comment tout cela a commencé à prendre une telle ampleur serait très intéressant en effet !

      Les affiches sont super, c’est vrai.

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