Bidoche

Après avoir lu l’historique et philosophique Un Éternel Treblinka l’an dernier, et l’enquête choc Faut-il manger les animaux ? il y a quelques temps, je me suis procuré le livre Bidoche, L’Industrie de la viande menace le monde de Fabrice Nicolino.

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Cet essai est extrêmement documenté. Je salue vraiment le travail de F. Nicolino car c’est une montagne d’informations et de sources diverses qui nous est présentée là. Savamment arrosée de sarcasme. Ici point de philosophie, point d’anecdotes personnelles, mais un décorticage minutieux et cynique de l’industrie de la viande.

Parlons évolution…

Après avoir évoqué les traitements infligés au bétail dans l’élevage industriel et l’horreur de l’abattage, que l’on peut constater dans le documentaire en noir et blanc de Franju « Le Sang des bêtes », Nicolino illustre son propos avec l’émission TV de 1970 « Sauver le boeuf ». Cette émission présente les innovations immorales (oui j’ose le terme) qui allaient permettre un meilleur rendement. Quelques exemples :

  • Fistule dans le corps de vaches, pour avoir accès au contenu de leur tube digestif et savoir quelle nourriture leur donner pour produire plus à moindre coût ;
  • Destruction envisagée de la zone du cerveau contrôlant la sensation de satiété afin que les animaux mangent sans cesse ;
  • Est évoquée l’idée de pré-digestion de la viande avant mise en vente, en injectant des enzymes dans la carcasse.

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« Star » de l’émission, Raymond Février admet que le traitement des bovins est (je cite) « concentrationnaire ». Et que si Hitler avait vécu assez longtemps, il aurait pu appliquer ça aux humains.

F. Nicolino remonte à 1830 pour nous parler de l’apparition en France de la « zootechnie », domaine nouveau qui vise à « trouver des techniques capables de mieux utiliser ce que les animaux ont à apporter à l’aventure humaine » (p 110).
À l’instar de Descartes, les premiers zootechniciens considèrent les animaux comme des « machines vivantes » dont il faut tirer profit au mieux.
L’industrialisation du secteur passera cependant par les USA et les fameux abattoirs de Chicago, visités par Paul Bourget en 1893. Celui-ci découvre la « chaîne de désassemblage » avec admiration.
Puis, avec la découverte des propriétés du maïs (très nourrissant, pousse facilement…), l’herbe des prés n’est plus l’aliment de base des bovins.

Les innovations techniques et les modifications sur le vivant continuent leur progression débridée. Des crises sanitaires surviennent régulièrement. Conséquences : une crise de confiance des consommateurs, une baisse du prix au kg pour la viande et une baisse des ventes.

Du soja et des vaches

80% des protéines mangées par le bétail sont importées et ce pourcentage représente presque uniquement du soja OGM d’Amérique Latine. Cargill est l’une des principales entreprises du secteur.
Rappelons que la culture intensive de soja est en grande partie responsable de la déforestation massive de la forêt vierge amazonienne. Forêt rasée, écosystèmes détruits, animaux tués, humains déplacés, tués, violés… C’est ça le commerce du soja OGM.
L’utilisation massive de pesticides rend les populations très malades, car dans l’impossibilité d’aller ne serait-ce qu’à l’hôpital. Il s’agit de paysans très pauvres, d’indigènes (Guarani’, etc.).
Les politiques bradent les différentes ressources naturelles et les petits agriculteurs aux multinationales, dont le géant Monsanto, entre autres. Les projets (parfois carrément illégaux) de construction d’infrastructures qui vont avec la déforestation défigurent un peu plus l’Amazonie.
Le soja est utilisé pour nourrir bovins, porcs et poulets.

En 2004, par exemple, le chiffre d’affaires de Cargill Foods France – 90 millions d’euros – aura été assuré à 98% par McDo. Ainsi donc quand un client grignote ses nuggets ou ses poulets panés il y a de fortes chances pour qu’il consomme du même coup du soja venu tout droit du Brésil dans les excellentes conditions décrites. (p 106)

Cette omniprésence du soja est maintenue de force par le lobby industriel du soja OGM. Ainsi les tentatives de promotion du lupin (autre protéagineux aux propriétés plus qu’intéressantes pour l’agriculture) ont été « torpillées ». On peut également s’inquiéter de la dépendance de notre secteur agro-alimentaire au niveau géopolitique.

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Revenons sur les scandales sanitaires…

J’ai été surprise d’apprendre que les antibiotiques administrés aux animaux servent également à obtenir « une croissance plus rapide de leurs chairs » ! Ils sont donc utilisés massivement depuis les années 50.
Cette pratique augmente la résistance des bactéries et est donc très dangereuse. Mais rien n’est réellement fait pour contrer cela au niveau mondial. Seule l’UE a fini par les interdire comme facteur de croissance en 2006, non sans s’attirer les foudres des éleveurs qui se sentent désavantagés par rapport aux autres pays.

Diverses hormones sont également données aux animaux pour augmenter leur masse : œstrogènes, progestérone, testostérone, DES (« Distilbène », responsable de malformations, infertilité chez les humains).
Une forte dose d’hormones est cancérigène. La viande de veau est particulièrement contaminée (d’où le « scandale du veau aux hormones »).

« L’utilisation généralisée – bien qu’interdite – d’hormones est bien plus grave encore. On peut dire que la quasi-totalité des veaux en élevage intensif en reçoivent sous la forme d’injections ou d’implants. […] Cela permet d’accroître la prise de poids, qui est normalement de 1 kilo par jour et passe ainsi à 2 et même 2,5 kilos par jour. […] Comment expliquer autrement que ces jeunes bêtes présentent déjà des pis ou des organes génitaux particulièrement développés ou même des caractéristiques du sexe opposé (une mamelle chez un taurillon) ? » (p 134-135, citation du numéro 78 de Que Choisir, juillet-août 1973)

La maladie dite « de la vache folle » (ESB) frappe la Grande-Bretagne en 1986 et effraie toute l’Europe. Cette maladie neurologique dégénérative franchit la barrière des espèces. Voilà ce qui arrive quand on drogue les bovins et qu’on fait ingérer à ses herbivores des farines de cadavres d’animaux. Les farines animales sont moins chères encore que les tourteaux de soja ou de colza (et ce sont des déchets de l’industrie de la viande de toutes façons).

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Encore plus fort :

S’appuyant sur un rapport de la Direction nationale des enquêtes de la répression des fraudes (DNERF), Le Canard enchaîné du 9 juin 1999 rapporte que des entreprises respectées de l’équarrissage incorporent des résidus de fosses septiques dans la fabrication de farines animales destinées aux porcs et aux poulets. L’une de ces entreprises, en règle, donc, avec la loi, dispose pour cela d’un arrêté préfectoral explicite. De la merde. Pour les animaux. Et pour nous. (p 145)

En 2001, c’est le scandale de la fièvre aphteuse qui frappe les ovins et les bovins britanniques. Sans énumérer toutes les épidémies de ce type, F. Nicolino évoque également le H5N1 (grippe aviaire), la Maladie d’amaigrissement du porcelet, la grippe A (H1N1 ou grippe porcine) et le SARM (staphylocoque doré) chez les porcs (responsable de 19 000 morts humaines en 2005).

Voulez-vous frémir un instant ? La résistance du pneumocoque – responsable de la pneumonie – à la pénicilline est passée de 0,5% à 60% entre 1984 et 2001. En 1941, le staphylocoque doré était détruit par cette même pénicilline à 99%. Aujourd’hui il lui résiste 9 fois sur 10. Les exemples sont malheureusement innombrables. (p 153)

Pollution

La pollution engendrée par l’élevage intensif s’illustre au niveau français par le problème du taux de nitrates beaucoup trop élevé dans les nappes phréatiques de Bretagne. La faute aux porcs bretons élevés en masse.
Depuis 1975, l’Europe demande expressément à la France de résoudre ce problème !
Au niveau mondial, la FAO tire la sonnette d’alarme en 1998 sur la pollution engendrée par le développement de l’élevage industriel. Le rapport de la FAO de 2006 est encore plus « explosif » , selon Nicolino :

– Gaz à effet de serre :

18% des émissions liées aux activités humaines ! Davantage que tous les moyens de transport que nous utilisons ! Ce seul bilan suffirait à condamner l’élevage, du moins dans sa forme industrielle et concentrée. (p 187)

– Utilisation de ressources en eau potable :

L’élevage à lui seul consommerait 45% de toute l’eau destinée à la production d’aliments. S’il faut 25 litres d’eau pour produire 100 grammes de blé, il en faut, selon les estimations, entre 15 000 et 25 000 pour obtenir 100 grammes de bœuf. Entre 500 et 1000 fois plus ! (p 188)

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Est-ce tenable ? Non. Toutes les projections indiquent qu’en 2025, dans une quinzaine d’années, 64% des hommes vivront dans des zones que les spécialistes appellent de « stress hydrique », où la ressource en eau sera de plus en plus rare. Et parfois insuffisante. Mais on la pollue, mais on la gaspille, mais on la profane néanmoins. L’un des plus grands conflits planétaires à venir opposera les hommes et les animaux d’élevage autour de cette ressource vitale qu’est l’eau. (p 189)

– Biodiversité : on fait disparaître des espèces sauvages et leur habitat pour élever du bétail (20% de la biomasse). Selon l’UICN, 16 000 espèces sont menacées d’extinction.

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Notre santé en jeu

Aux États-Unis,  les politiques chargés des ministères relatifs à la Santé, la Nutrition et à l’Agro-alimentaire sont très souvent d’anciens grands entrepreneurs dans l’élevage industriel et des personnes de pouvoir dans des associations/instituts de défense du commerce de la viande. Des liens avec les patrons de laboratoires pharmaceutiques sont également avérés (voir le cas Jacques Servier en France).
C’est ainsi que nous, citoyens et consommateurs, subissons la pire désinformation de la part des industriels qui communiquent sous le masque bienveillant et crédible de l’Etat.
Pourtant des études par centaines lient « la consommation de viande à des risques accrus d’infarctus du myocarde ou de maladies cardio-vasculaires » (p 207), mais également  au diabète de type 2, à l’obésité (considérée comme une véritable épidémie en Occident), le cancer, en particulier le cancer colo-rectal…

En décembre 2007, les résultats d’une vaste étude, portant sur 500 000 personnes suivies entre 1995 et 2003, sont publiés dans PLoS Medecine, une grande revue scientifique. De nouveau, il est dit que la consommation de viande rouge et de viandes transformées aggrave les risques de cancer. Les gros mangeurs de viande rouge et de charcuterie ont plus de risques de souffrir d’un cancer colorectal et des poumons, mais aussi de la prostate. La viande rouge est en outre associée à un risque de cancer de l’œsophage et du foie, et les charcuteries et viandes fumées à un risque de cancer de la vessie et des os. (p 211-212)

Le Rapport Campbell fait figure de référence pour les plus grands nutritionnistes du monde et ses conclusions vont dans le même sens. Il conseille également de réduire fortement la consommation de chairs animales, notamment en France.

Partage des ressources ? 

C’est très simple : en donnant des végétaux au bétail pour ensuite le manger, nous privons des êtres humains de nourriture pour survivre ! Les ressources, notamment en eau, et les surfaces cultivables devraient être utilisées pour nourrir tous les humains, avant de penser à « produire » de la viande pour quelques privilégiés. Le partage équitable des ressources et l’égalité des chances pour la survie semblent bien utopiques à l’heure actuelle…
Le pire c’est que la demande en viande augmente encore plus vite que le nombre d’humains sur Terre (en particulier dans les pays en voie de développement). Ce n’est pas tenable !
Rappelons que 25 000 personnes meurent déjà de faim chaque jour dans le monde (la plupart sont des enfants).
Selon l’UNESCO, l’exploitation intensive des sols a également mené à leur dégradation en profondeur. L’avenir ne semble pas prospère…
Des pays riches comme des pays émergeants louent ou achètent des terres cultivables, notamment en Afrique, pour satisfaire leur appétit, ruinant au passage un peu plus l’auto-suffisance des pays « du Sud ».

Lobbys et conflits d’intérêt

Parlons maintenant du CIV (Centre d’Information des Viandes) :

Il s’agit donc d’ « informer », tout en étant payé par les filières industrielles et en partie par l’Etat, via le ministère de l’Agriculture. On cherchera, mais en vain, une meilleure définition du mot lobby. (p 260)

Pas d’information mais de la désinformation grâce à des spots de pub, des opérations marketing auprès de tous les publics. On apprend même que « le CIV pondère sur la Toile certains arguments développés par les lobbies végétariens » (p 265, citation tirée du journal professionnel Stratégies du 12 février 2009).

Les autres lobbys ne valent pas mieux et plusieurs personnalités appartiennent à plusieurs organismes à la fois : IFN (Institut Français pour la Nutrition), CIC (charcuterie)…

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L’Eufic (Conseil européen de l’information sur l’alimentation) est l’équivalent européen de l’IFN.

Ne siègent au conseil d’administration de l’Eufic, outre Danone, McDo et Coca, […] des représentants de Barilla, Cargill, Cereal Partners, DSM Nutritional Products Europe Ltd., Ferrero, Kraft Foods, McCormick Foods, Mars, Nestlé, Novozymes, PepsiCo, Pfizer Animal Health, Procter et Gamble, Südzucker, Unilever… (p 274)

C’est ainsi qu’on trouve des publications nous conseillant de manger plus de viande et de boire plus de soda ! Ou d’autres vantant les bienfaits de la consommation de poissons comme le saumon, alors que ces poissons (d’élevage pour la plupart) sont truffés de PCB, de dioxines et d’autres contaminants.
Le PNNS est également totalement corrompu.

L’auteur évoque également la question de la souffrance animale.
Les animaux souffrent bien sûr de nombreux problèmes physiologiques et psychologiques à cause de leurs conditions de vie et du stress inhérent. Who cares?

Le Comité Noé regroupe des industriels, des chasseurs, des aficionados… que du beau monde qui refuse de voir leurs privilèges de domination sur les autres animaux menacés. Les pirouettes rhétoriques et les campagnes visent à se faire passer pour des écolo humanistes (en particulier les chasseurs) et faire passer les militants de la protection animale pour de dangereux extrémistes (rhétorique du Bien contre le Mal). D’autres figures, notamment dans l’élevage industriel, osent prétendre que les animaux ressentent de la douleur mais n’en souffrent pas (allez comprendre)…

Quel avenir ?

F. Nicolino s’interroge sur d’éventuelles solutions pour concilier les demandes des uns et des autres. Viande clonée  (déjà autorisée aux USA) ? Viande artificielle (donc seulement des tissus, pas d’animal) ?

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L’auteur aborde aussi le thème du personnel travaillant dans les abattoirs :

Les employés des abattoirs sont les secondes victimes de la tuerie organisée, après les animaux eux-mêmes. (p 346)

Tous les employés souffrent de TMS. Les « blessures de guerre » sont nombreuses. L’atmosphère est oppressante.
80% d’entre eux souffrent de maladies professionnelles.

L’immense majorité des ouvriers d’abattoirs sont des… ouvriers, souvent d’origine rurale, peu cultivés et ne disposant d’aucun relais dans la société pour faire entendre leur point de vue et défendre leurs intérêts. (p 359)

Déesse/produit

F. Nicolino nous parle du temps où vaches et taureaux étaient vénérés et célébrés comme des divinités (Égypte, Grèce, Sumer, Moyen-Orient, Inde, etc.). Il analyse l’évolution de nos rapports avec les animaux qui sont aujourd’hui notre bétail en passant par l’admiration, la domestication poussée par des motifs sans doute d’abord spirituels puis pratiques, l’eugénisme, la personnification du Diable dans le taureau par les Chrétiens lors du Concile de Tolède en 447…
Ce chapitre se termine sur l’évocation de Descartes considérant que l’animal n’est qu’un automate sans âme (XVIIè siècle).

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CONCLUSION

Pour Fabrice Nicolino, l’élevage concentrationnaire est tout sauf un progrès, c’est une fuite en avant.
L’auteur prend partie pour les animaux et dénonce des pratiques « banales mais barbares ». Il appelle à la révolte et s’insurge de l’absence de pluralisme des points de vue dans les médias. Il ne prône pas la réforme de ce système mais sa destruction.
Tout en mangeant encore un peu de viande, il fait l’éloge du régime végétarien, en citant Rajendra Pachauri, Président du GIEC et Prix Nobel de la Paix.
Il salue également les démarches de certains éleveurs pour résister au rouleau compresseur de l’élevage industriel et de ses pires pratiques.
Il appelle enfin chacun de nous, consommateurs, à agir à notre niveau.

MON AVIS
En s’appuyant sur de nombreuses références et citations et en adoptant un ton cynique mais plein de lucidité, F. Nicolino nous apporte sur un plateau une mine d’infos détaillées à chaque page. Du factuel, du vérifiable, du concret. Il ne parle pas seulement de généralités, mais aussi de personnes, de communautés. Il traite du niveau micro autant que du macro, ce qui humanise le discours qui pourrait parfois sembler trop abstrait, trop global.
Ce livre, par son style dynamique, s’adresse directement au lecteur, l’interpelle par des questions.

Même s’il ne dévoile rien de sa vie, F. Nicolino se livre dans cet essai et ose exhorter chaque acteur (volontaire ou non) du système à changer, pour le bien de tous.

Le fait que ce livre traite particulièrement de la situation en France est important pour le lecteur de l’hexagone qui a souvent tendance, consciemment ou non, à se retrancher derrière l’excuse du « ils font n’importe quoi ces Américains » pour mieux réagir par le déni.

Comme pour l’essai remarquable de Jonathan Safran Foer, Bidoche est un livre à ne pas manquer tant il regorge d’informations indispensables pour quiconque veut se faire une opinion sur ce sujet.
À lire et à prêter… 😉

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11 commentaires

  1. Super sujet. Beau travail. Je n’ai pas lu Bidoche, c’est donc un parfait compte rendu, je n’avais pas forcement envie de me plonger dans lecture de ce bouquin, juste apres avoir terminé No Steak.
    Encore merci et à bientôt.

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  2. Super article, encore une fois. Comme Trapipo, j’ai lu No Steak mais pas Bidoche, et effectivement, les approches n’ont pas grand-chose à voir. Deux lectures complémentaires à mon avis, mais qu’il faut espacer un peu pour ne pas suffoquer…

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